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Les craquelures non-désirables dans la peinture à l’huile

Les craquelures sont l’un des plus importants phénomènes d’altération d’une peinture. Les causes sont multiples, mais elles sont toujours le résultat d’une différence de tension entre des couches de surface et les couches sous-jacentes. Cela implique toutes les couches allant de la préparation du fond jusqu’au vernis final. La peinture en séchant, perd toute son élasticité, donc à la moindre tension, elle craque…

L’étude des craquelures 

L’étude de ces craquelures se fait par un simple traitement d’image haute-résolution de l’intégralité de la surface de l’oeuvre. Méthode non-invasive, non-déstructrice, qui étudie la morphologie des différents réseaux de craquelures. Malgré leur apparence complexe et aléatoire, les craquelures suivent en réalité une organisation logique puisqu’elles sont l’empreinte laissée par les contraintes mécaniques : déformations à la surface ou à l’intérieur d’un matériau causées par des chocs, tensions et autres dommages. De ce fait, par l’étude de la forme même des craquelures, il est possible de connaître leur origine : non-respect de la règle du gras sur maigre, vernis appliqué trop tôt ou vieillissement naturel par exemple. Par conséquent, il est possible de savoir quels matériaux ont été utilisés (pigments, vernis, préparation du support) et le mode de conservation, étant propre à une époque ou à un artiste.

Les formes de craquelures

Craquelures lisses (lignes droites)

Craquelures sinueuses (lignes arrondies)

Craquelures en germe (couche fine)

Craquelures en spirale, causées par un choc

Craquelures croisées parallèles, causées par excès de tension sur la toile

Les réseaux de craquelures peuvent avoir de multiples origines, mais nous allons ici aborder les deux principales : les craquelures de séchage, appelées aussi “prématurées”, qui interviennent sur un espace temps relativement court (échelle d’une vie), et qui ont pour origine le procédé de l’artiste ; puis les craquelures d’âge, dues au vieillissement et à la fatigue de la pâte picturale, qui se forment sur plusieurs siècles. A l’instar des rides qui apparaissent peu à peu avec l’âge, la peau tout comme la peinture, perdent en élasticité. 

Les craquelures de séchage ou prématurées

Certaines craquelures dévoilent le comportement de l’artiste et la manière dont il a oeuvré. Celles-ci dépendent de l’épaisseur de la pâte picturale, de la rapidité de séchage, de son adhésion au support ou encore de sa composition. L’article sur Le séchage de la peinture à l’huile  explique le phénomène de siccativation, à l’origine de bien des craquelures ; lorsque les diluants s’évaporent les pigments se rétractent, la structure même de la pâte picturale s’en trouve fragilisée.

Les causes :

  • Une pâte picturale dure sur un support souple. La couche de peinture qui s’est solidifiée en séchant se casse sous la pression, mieux vaut donc privilégier un support rigide tel que le bois.
  • Une couche picturale épaisse. Plus la couche de peinture est épaisse, plus l’oxygène a du mal à pénétrer en son coeur. Une pression sera alors exercée créant des craquelures larges et profondes. Mieux vaut utiliser un médium épaississant en mélange avec ses couleurs, il favorise le séchage au coeur.
  • Un vernis appliqué trop tôt. Le vernis est composé de résine qui durcit assez rapidement, plus vite que la couche de peinture ; de nouveau, une surface rigide sur un fond souple est la pire composition qui soit. Mieux vaut attendre 6 mois à 1 an avant d’appliquer le vernis final.
  • Une peinture trop maigre. Une peinture diluée uniquement à l’essence désagrège en quelque sorte les pigments, les couleurs vont perdre de leur intensité et la pâte sera amaigrie au point de perdre toute son élasticité.
  • Le non-respect du gras sur maigre. Ce principe fondamental de la peinture à l’huile est désastreux s’il n’est pas respecté. En effet, une couche de peinture maigre appliquée sur une couche grasse, va forcer la surface à se durcir sur un une pâte encore souple, résultat, des fissures apparaitront à la moindre tensions.

Il est possible que l’impulsion donnée par les coups de pinceaux sur le support détermine la direction des futures craquelures. Ces dernières se produisent en général perpendiculairement à la touche.

Les craquelures d’âge

Ces craquelures d’âge, plus fines que les craquelures de séchage,  sont la preuve de l’authenticité d’une oeuvre puisqu’elles sont un marqueur de temps. Elles permettent de savoir si l’oeuvre est ancienne ou récente.

Le phénomène de siccativation d’une huile implique la pénétration de l’oxygène, créant alors inévitablement une interaction entre les éléments. L’oxygène, les variations de température et de taux d’humidité ainsi que la luminosité (rayons UV) créent des contractions / dilatations de la matière, fragilisant considérablement la peinture au fil du temps. Sont nommées ainsi également les craquelures dues aux événements.

Autres causes :

  • Un choc. Le choc crée une tension au feuil rigide d’une peinture, des fissures apparaissent autour de la zone d’impact.
  • Une toile qui a été roulée. Enrouler sa toile fissure la pâte picturale dans le sens de la longueur, de longues craquelures parallèles apparaissent.
  • Des tensions sur la toile. Les déplacements, les encadrements, les changements de chassis, etc sont autant de causes défavorables à la bonne conservation. Souvent inévitables toutefois.
  • Les variations de température ou du taux d’humidité. Ces changements provoquent des tensions à la toile qu’il est possible d’éviter en conservant le tableau dans une pièce à température et humidité régulières, et à l’abri de la lumière directe.

Comment éviter les craquelures dans la peinture ?

Utiliser un support rigide. On remarque aisément que les peintures sur bois, métal, cuivre, verre, etc, sont bien mieux conservées du fait de la rigidité du support, qui ne crée aucune tension à la pâte picturale qui finit par perdre de son élasticité avec le temps.

Bien préparer ses fonds. L’article sur le sujet apporte tous les éléments nécessaires : encollage et enduction du support.

Peindre alla prima. Cette technique alla prima, consistant à peindre un sujet en une seule séance, évite à coup sur les craquelures puisqu’elle ne se compose que d’une seule couche de peinture.

Préserver l’élasticité de la pâte. L’élasticité de la peinture doit être conservée au delà du séchage. C’est pourquoi l’emploi des médiums est vivement conseillé grâce à leur composition faites d’huile et de résines.

Peindre en couches fines, ou modérément épaisses. L’oxygène pourra alors mieux y pénétrer. Plus les couches sont épaisses, plus le risque de craquelure est grand.

Etre patient ! Si votre peinture se compose de plusieurs couches superposées, avec des retouches, des reprises ou des glacis, il vous faudra alors être patient, car seul le séchage naturel est préférable à l’emploi d’un siccatif. Idem pour le vernis final, il faut attendre 6 mois au minimum avant de l’appliquer ! Entre temps, il existe le vernis à retoucher.

Respecter la règle du gras sur maigre. Cette règle que tout peintre à l’huile doit impérativement connaitre (en savoir plus), est souvent celle à l’origine de nombreuses craquelures. Le peintre superpose ses couches sans veiller au gras de celles-ci, par conséquent, la surface se durcit tandis que les sous-jacentes sont encore fraiches…

Sources des informations : http://www.fast.u-psud.fr/~pauchard/publis/reflets.pdf 

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Emmanuel gosselin
Emmanuel gosselin
1 année il y a

bonjour Amandine…après avoir lu et passé en revue tout les commentaires ci dessus concernant la hantise des peintres à l’huile, ce qui est mon cas, d’autant + que je travaille au couteau et j’aime laisser sur la toile les nombreuses trainées de peinture que j’ai raclé à de nombreux endroits….ce qui donne des épaisseurs assez importantes ( parfois jusque 8-10 mm d’épaisseur ) ,et donc si on veut réduire à zéro le risque de craquelure à jamais, ce serait de coller minutieusement la toile en lin (juste encollée au préalable ) sur un panneau rigide en bois ,ensuite de faire une belle préparation au gesso ,et de bien préparer la peinture avec du medium d’empattement adéqua…. et en respectant les autres règles bien connues… ?
cordialement 🙂

Romy
Romy
1 année il y a

Bonjour Amandine,

Je suis avant tout Scénariste et j’ai décidé d’utiliser la peinture sur toile pour illustrer mes personnages.

J’utilise la gouache et la peinture à l’huile ( séparément bien entendu ).

Je suis totalement novice dans cet Art.
J’ai une peinture a la gouache qui me fend le coeur, elle craquelle et ne cesse de craqueller. Je dois réagir en urgence. Je crois qu’elle a séché dans un lieu trop chaud près d’un chauffage. Est-ce due à cela ? Que puis-je faire ? Dois-je la faire restaurer par un professionnel ? Je tiens beaucoup à elle.

Merci de m’avoir lue,

Romy

ALBANESE Marie-Paule
ALBANESE Marie-Paule
1 année il y a

Bonjour,
Je peins sur toile, à l’huile, depuis de nombreuses années et je n’ai jamais eu de craquelures…
Contrairement aux autres personnes, je voudrais, sur certains tableaux modernes, faire des effets de craquelures et bien entendu, je ne sais comment m’y prendre ni quels produits utiliser.
J’utilise des toiles sur châssis en coton-polyester. Mes peintures sont réalisées au couteau ou au pinceau, selon le modèle et sont très colorées.
Je vous remercie par avance pour vos conseils
MPA

JACQUAT
JACQUAT
2 années il y a

Bonsoir,
J’ai peint à l’huile un phare au pinceau, et les rochers au pied frappés par la mer au couteau, et là il y a plein de craquelures, puis-je récupérer ces craquelures? Merci

dora lemaire
dora lemaire
3 années il y a

J’admire la façon de répondre et de donner des conseils aux artistes. Je peint depuis 35 ans et je trouve encore des solutions pour moi , dans vos réponses.
Pendant 35 ans , je n’ai qu’un seul tableau ou il y a des craquelures. Ce tableau se trouvais au dessus d’un radiateur mural, de chauffage. .
Je pense qu’il me reste le seul remède , d’y appliquer une couche de vernis de retouche. En tout cas , bravo pour vos réponses tellement bien fait , Vous êtes une semeuse de “lumière” Merci Amandine .
Dora Lemaire

Agnes FARAND
Agnes FARAND
3 années il y a

Bonsoir,
Je viens d’acquérir en brocante une peinture à l’huile très sale que que j’ai nettoyé avec un mélange d’essence de térébenthine et d’alcool à 95 °.
Il ‘avère que je découvre des craquelures surtout dans les zones de faible épaisseur de peinture (ciel et nuages).
Pouvez vous me conseiller dans l’application d’un vernis protecteur ou sur la façon de le restaurer si toutefois cela est possible?
Je vous remercie, par avance, pour vos précieux conseils.
Cordialement,
Agnès Farand.

Marie borsch
Marie borsch
3 années il y a

Bonjour, j’ai réalisé une peinture grand format en Inde et j’ai dû la rouler pour la ramener en France alors qu’elle n’était pas encore sèche. J’ai utilisé du papier cuisine pour la protéger et je l’ai transportée dans un tube en carton qui a été placé en soute de l’avion. A l’arrivée, elle est devenue cartonnée. Comment la retendre pour la remettre sur le châssis? Puis-je repeindre une autre couche pour corriger les traces et quelques craquelures? Merci d’avance

GREGOIRE
GREGOIRE
3 années il y a

Bonjour, j’ai fait une toile à l’huile et au couteau, en séchant je remarque à certain endroit comme une sorte de peau fripée , il l n’y a pas de cloque ni de craquelures. Avez vous une idée de ce que cela peut être ? Et comment y remédier ? Merci pour vos conseils

Monique Letournel
Monique Letournel
4 années il y a

Bonjour Amandine

Je désire peindre sur toile de lin qui a un enduit de 2 couches d’apprêt acrylique transparent, comme je veux que le pourtour reste sans peinture. Es ce que vous pensez que la peinture risque de craqueler.
En général je met toujours plusieurs couches de gesso mais là je veux un fond brut.

Merci de votre réponse

Monique

TROUVE Joëlle
TROUVE Joëlle
4 années il y a

Bonjour
J’ai acquis il y a quelques mois un tableau de plus de 1000 euros (coup de coeur, car c’est le seul tableau que je possède) et au bout de 4 mois la peinture se craquelle. Je suis retournée chez le peintre qui avait une galerie, malheureusement, il a mis la clé sous la porte et personne ne connaît sa nouvelle adresse. Son site sur internet est toujours présent, mais personne ne répond au N° de téléphone indiqué.
Quel recours puis je avoir, où dois-je m’adresser s’il vous plait ?

eymond claudine
eymond claudine
4 années il y a

Bonjour,
Après avoir cherché dans vos articles et les commentaires précédents, je vous expose mon problème avant de continuer dans mes problèmes. Je suis en train de faire un tableau sur lequel je viens de refaire le fond. Je pensai avoir bien respecter le “gras sur le maigre” mais après 3 jours de séchage je découvre toute ma peinture craquelée ! Faut-il mettre du vernis à retoucher avant de reprendre la peinture avec un médiuum très gras ? Je ne trouve pas d’autre solution…
Merci de votre réponse
Clau

Sophie Cozette
Sophie Cozette
4 années il y a

Bonjour Amandine,

Merci pour le sujet.

Parfois j’ai des craquelures et je laisse le destin faire le lendemain où c’est une découverte.

Toutefois, j’ai pu solidifier avec du vernis liquide sans abimer car la peinture craquelée est epaisse.

Cependant, là, j’ai une toile où la peinture est fine et ça c’est fissuré légèrement.
Lors de la mise de vernis ça se retire donc je souhaiterai savoir les possibilité pour fixer la peinture tout en (pourquoi pas) travaillant et joyant avec ces incidents ; je ne saiscpas comlent faire.

Rien trouvé sur Internet.

Merci de votre/vos idée.s

Bien à vous, Sophie

floriance
floriance
4 années il y a

Bonjour Amandine et merci pour votre précédente réponse.
Je ne vais peut-être pas tenter la retouche des craquelures, si ce n’est qu’un cache misère qui risque d’empirer… ma peinture est en couche très peu épaisse et sans empâtement : comme ces craquelures sont limitées par les zones des couleurs concernées (2-3 cm à chaque fois, pas plus), pensez-vous que je puisse poncer ces zones finement pour retirer la peinture et reprendre ces endroits presque à zéro, alla prima, tout en assurant la jonction avec la peinture qui reste en place ? Je crois que si cette technique est envisageable, je serais finalement beaucoup plus sereine après.
(Puis vernir de nouveau l’ensemble plus tard avec le même vernis pour unifier ?)

Encore merci pour tous vos précieux conseils !

floriance
floriance
4 années il y a

Bonjour,

merci pour votre article
J’ai réalisé deux peintures à l’huile un peu trop rapidement par rapport à mon habitude où je ne rencontre jamais de craquelures.
Me voici donc avec deux toiles qui sont sèches au toucher, mais que j’ai terminé il y a seulement 4 mois.
De petites craquelures apparaissent sur certaines zones concernant une seule couleur. C’est léger, mais j’ai peur que ça empire.
J’ai dû vernir au vernis à retoucher (surfin au pétrole) pour une exposition.
J’aimerais savoir comment faire, lorsque j’aurais récupéré ces tableaux, pour revenir sur ces craquelures : en attendant encore quelques mois, sera-t-il possible de les combler avec une peinture de même couleur uniquement grasse, par dessus le vernis à retoucher ?
Je suis assez inquiète… merci beaucoup !

Esma Bensidi
Esma Bensidi
4 années il y a

Bonjour,
Des petites craquelures horizontales apparaissent sur ma peinture qui est toujours en cours (je suis en phase gras) et que je ne peux expliquer car j’ai bien respecté la règle du gras sur maigre et je superpose des fines couches de peinture. Est-ce que ça pourrait être du à l’humidité (j’habite une ville côtière)?
Merci à vous!

Esma Bensidi
Esma Bensidi
4 années il y a
Répondre à  Esma Bensidi

Salut Amandine,
Je vous remercie pour votre réponse. Est-il possible de réutiliser du medium alors que je suis déjà arrivée au gras?
Merci encore!
Esma

sy
sy
4 années il y a

Bonjour Amandine,

Je suis consternée par les peintures de Dan Levenson. Toutes craquelées. C’est de l’art ?
je veux bien votre avis d’experte
Merci
sy