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Comment fixer le prix d’une oeuvre ?

Cette question relève d’une vraie problématique dans la vie d’un artiste, et ceci de manière tout à fait légitime. La raison principale à cette problématique est qu’une oeuvre d’art n’a pas réellement d’utilité pratique ; on ne peut en aucun cas la comparer à un vélo ou un canapé car cet “objet” est une concentration émotionnelle au pouvoir de diffusion, en d’autres termes, une oeuvre d’art a une âme ou une aura. De ce principe là, jauger la valeur d’une oeuvre d’art est somme toute relative et subjective. En d’autres termes, fixer son prix est totalement libre sans aucune réglementation existante. Seul le bon sens et certaines réalités sont à prendre en compte.

Voici donc les différents éléments permettant de déterminer le prix d’une oeuvre d’art, quelle qu’elle soit.

Les critères indispensables

1. Le coût du matériel.

De la terre glaise ou de la feuille d’or, le matériel employé à une valeur marchande déterminée par sa qualité, sa rareté ou sa préciosité. Une peinture réalisée avec du véritable lapis-lazuli vaudra forcément plus chère qu’une peinture identique mais réalisée avec une couleur bas-de-gamme. Nous sommes ici dans l’aspect purement matériel, donc comme dans tous les domaines, la qualité des matériaux de base est en très grande partie responsable de la valeur du produit finit. Au restaurant ou au rayon textile, l’affaire est la même.

2. La technique employée

Il faut se rendre à l’évidence, il existe bel et bien une hiérarchie parmi les techniques picturales. La peinture à l’huile l’emporte sur toutes les autres, y compris le pastel et l’aquarelle. C’est le malheureux dessin aux fusain ou crayon graphite qui est dominé par toutes les autres. Tout comme la sculpture de marbre l’emportera sur la céramique ou encore la terre. Cette hiérarchie est basée sur la complexité de la maîtrise des matériaux. Maîtriser toute la complexité chimique de la peinture à l’huile ainsi que la mécanique de ses matériaux est indubitablement plus difficile que la maîtrise du processus aqueux de l’aquarelle, entre autre.

3. Le marché dans lequel vous évoluez

Cela sous-entend le périmètre dans lequel s’étend votre réseau actuel : marché local, régional, national ou international. Si vous êtes un total inconnu, alors il serait de mauvaise augure et inapproprié d’appliquer des hauts tarifs. Il vaut toujours mieux commencer avec des tarifs bas et les augmenter au fur et à mesure de vos “réussites” artistiques plutôt que d’avoir à les baisser. Baisser ses prix dévalue également la réputation ou l’image. Rajoutons que l’importance de votre réseau de connaissance est loin d’être négligeable. En effet si vous portez un nom célèbre ou faîtes partie de l’entourage d’une célébrité de tel ou tel milieu, alors vous avez déjà de très bonnes cartes dans votre jeu. Ce comportement est là aussi discutable mais au fond, peu importe la tournure du débat, agir de la sorte est tout à fait humain. Le réseau est important car c’est lui qui influencera le marché, du parfait inconnu il peut vous propulser dans les hautes sphères internationales. Ce qui explique le comportement de jeunes “artistes” contemporains étant prêts à tout pour se faire remarquer.

4. La qualité visuelle

Nous sommes ici au delà de la notion de “beau”, ce critère est bien trop personnel pour pouvoir être pris en compte dans un jugement. En revanche la justesse du dessin, l’harmonie des couleurs ainsi que la complexité de la composition sont des éléments qui jouent énormément. On ne parle pas ici de rapport de fidélité à la nature, car même un dessin cubiste, surréaliste, ou même encore à tendance abstraite peut être réalisé avec justesse. Cette dernière s’obtient par la cohérence et l’harmonie générale. Un œil averti saura tout de suite reconnaître un effet volontaire, hasardeux ou, n’ayons pas peur de le dire, raté. Alors mieux vaut éviter de tricher par un fameux “c’est fait exprès”, le connaisseur, le professionnel, l’habitué ou l’expert peu importe vous, démasqueront à coup sur et sans vous le dire, ce qui vous décrédibilisera complètement… Ces derniers que l’on pourrait appeler des experts visuels ont un compas dans l’œil, alors ils remarqueront immédiatement si la composition est déséquilibrée, si les teintes sont agressives, si les lignes et formes sont incohérentes. De la qualité visuelle dépend donc en partie la valeur de l’oeuvre.

5. Le parcours de l’artiste

L’acheteur ou le commanditaire a avant tout besoin d’être confiant, il a ce besoin d’être rassuré sur son éventuel investissement. Il sait qu’acheter de l’art est une excellente affaire, mais encore faut-il qu’il y ait une plus-value, car là est son principal intérêt (avec bien sur celui du coup de foudre pour votre oeuvre et la passion du mécénat d’art… oui, laissons-nous le droit de rêver !). C’est pourquoi si vous êtes diplômés de grandes écoles d’art, cela joue en votre faveur car votre diplôme est la preuve officielle de votre potentiel artistique. Heureusement pour les autres, ce n’est pas le seul moyen. Le nombre d’expositions personnelles ou collectives, les ventes aux enchères, les victoires aux concours, etc. sont autant de preuves qui font de vous des talents intéressants, et vous donne donc une valeur.

6. Le prix du marché

Bien entendu, comme dans tous les domaines lorsque l’on met quelque chose en vente sur le marché, mieux vaut avant tout se renseigner sur les tarifs pratiqués pour un produit plus ou moins équivalent. Il est évident que vos tarifs ne vont pas être multipliés selon l’endroit où vous vous trouvez, mais ils pourraient cependant être réajustés. Par exemple les tarifs pratiqués à Plougalet-les-jolivets* seront indubitablement différents de ceux de Paris ou encore New-York et Tokyo. Il est assez judicieux de s’adapter à son environnement. D’une part parce que les visiteurs de l’exposition n’auront pas la même approche ni les même attentes, donc ce qui fait fureur à un endroit, ne fait pas forcément fureur partout ! C’est pourquoi un simple petit réajustement de prix (à la hausse ou à la baisse) pour l’occasion, peut favoriser le bon déroulement des opérations. Il faut être réaliste, le festival d’art du village voisin, comme celui de Plougalet-les-jolivet qui a le mérite d’être grandement sympathique, n’apportera pas le même potentiel de vente qu’une galerie à renommée internationale située dans les quartiers riches d’une mégalopole.

Afin d’anticiper toutes remarques concernant la pratique néfaste d’une baisse de tarifs abordée au point 3, je préfère éclaircir tout de suite ! Non il n’y a pas de contradiction, en vérité la baisse de tarif est néfaste si elle est généralisée et permanente, car d’une part cela donne à penser que vous perdez en qualité, de plus vos anciens acheteurs vont être fort contrariés car dans cette histoire, ils deviennent perdants… En revanche, dans ce point-ci, il s’agit simplement d’un réajustement momentané et exceptionnel. Si vous êtes totalement contre le réajustement des tarifs (ce que je comprends évidemment très bien), d’autres solutions s’offrent à vous, telle que la diminution des formats par exemple. Un réajustement non par le prix mais dans le processus de création.

* Ville, ou plutôt bourgade située dans le fin fond de mon imaginaire, illustrant parfaitement ces chers petits villages de campagne, charmants pour leur environnement mais à faible influence culturelle sur l’échelle planétaire.

7. La qualité technique

Ce critère là n’est bizarrement jamais mentionné alors qu’il me semble pourtant indispensable. Car c’est avant tout de la qualité technique, de la qualité du savoir-faire que dépend la pérennité de l’oeuvre. Une oeuvre prête à traverser les siècles dans un état remarquable devrait en toute logique avoir plus de valeur qu’une autre qui va nécessiter une ou plusieurs restaurations sur ce même laps de temps. Il est assez ahurissant de constater des œuvres de grandes collections privées (sans citer de noms) acquises cette dernière décennie, déjà craquelées du vivant même de l’auteur. Craquelures non pas dues à un problème de conservation (le propriétaire n’y est pour rien), mais bel est bien à un problème technique lors du processus de création, comme le non-respect du gras sur maigre ou la mauvaise préparation du support dans le cas d’une peinture à l’huile. Malheureusement pour l’acquéreur et certainement heureusement pour le créateur, il n’existe pas de SAV artistique. L’acquéreur n’a donc d’autres choix que de faire confiance à l’artiste censé connaître et maîtriser son métier. Il est aisé d’imaginer qu’un acheteur qui débourse une somme conséquente en vue de constituer un patrimoine ou une plus-value, et même dans le cas d’un coup-de-cœur, ne désire en aucun cas la voir dépérir contre tout-attente telle une oeuvre éphémère. Arrêtons les arnaques et faisons honneur à un corps de métier. La durée de vie d’une oeuvre dépend de la qualité de ses matériaux et de son processus de fabrication, et cette durée de vie doit déterminer la valeur de l’oeuvre.

L’accroche du Salon des Artistes Rouennais – Musée des Beaux-arts de Rouen – 1934
D’autres critères peuvent influencer la fixation du prix, mais ceux-ci sont trop subjectifs et dépendant des points précédents pour jouer un rôle déterminant, ils sont seulement de simples indicateurs. Car selon les points précédents, une petite toile peut valoir plus chère qu’un grand format, ou une toile abstraite exécutée rapidement a parfois plus de valeur qu’une oeuvre figurative aux multiples détails.

8. Le format

Le format peut être un bon point de départ. Pour un artiste débutant ou inconnu, le prix se base selon le format de la toile. Si l’on prend pour référence les formats standards français (a voir ici), il faut compter plus ou moins 20€ par point (ou numéro). Par exemple pour un format 12P (61x50cm), le calcul à faire est 12 x 20€ = 240€.

A cela s’ajoute les différents éléments vus précédemment (le matériel, votre parcours, etc.). Format-toile

9. Le temps de travail

Ce critère n’est malheureusement pas aussi déterminant qu’il n’y parait. Une oeuvre abstraite réalisée en un quart de temps peut avoir bien plus de valeur marchande qu’une oeuvre détaillée et minutieuse créée durant de longues heures voir semaines… C’est assez frustrant pour une grande partie des artistes évidemment mais le but de l’art est de toucher l’âme (entre autre chose), et le temps de travail n’est de toute évidence pas proportionnel à la puissance émotionnelle et à l’efficacité visuelle.

10. La complexité du sujet

Tout comme le point précédent, la complexité du sujet peut entrer en ligne de compte, sans pour autant être décisif. Une composition faites de multiples portraits réalistes est bien plus complexe et laborieuse à réaliser qu’une composition abstraite. Cela peut donc être un critère supplémentaire mais pas déterminant puisque tout comme le temps de travail, la complexité du sujet ne reflète pas forcément la qualité et la puissance de l’oeuvre. La hiérarchie des genres de l’Académie du XIXe siècle a bel et bien disparu, cependant sa gouvernance a été récupérée par la conjoncture du marché de l’art actuel, régit par l’autorité suprême de notre société matérialiste : celle de l’offre et de la demande. En résumé, plus vous êtes demandés, plus vos prix sont élevés.

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Cet article a 89 commentaires

  1. bloemen

    la multitude de techniques autres que l’huile sur toile n’a pratiquement pas été abordée , & ce, sans réponse valable…(sans compter les techniques de pure invention sans référencement officiel, ce qui est le propre des vrais artistes,créateurs…)…tout bien fini, c’est toujours ce vieux XIXéme qui fait la loi des marchands….

    1. Amandine Gilles

      Bonjour, la réponse à cela est que le prix d’une oeuvre d’art, quelle que soit la technique, n’est basée que sur la loi du marché, celle de l’offre et de la demande. Si personne ne s’intéresse à votre travail, votre travail ne vaut rien. A l’inverse, si votre marché est immense et qu’un tas de gens veulent acquérir vos oeuvres, alors vos prix vont grimper… Rien de plus élémentaire. Malheureusement, ce marché actuel est indépendant de la “qualité” et du savoir-faire. Dès lors, on s’approche du domaine de la spéculation, propre au milieu de l’art contemporain.

  2. Lupi claire

    Article très intéressant merci ?
    Je suis créatice d’un petit univers à l’image d’un personnage que je dérive sous toutes ses expressions possible , il a un très bon accueil , dernièrement outre les visuels graphiques que j’utilise pour le développement textile , j’ai découvert l’aquarelle et j’ai au bien sûr inclus mon personnage … elles plaisent beaucoup à ma clientèle qui semble intéressée , alors c’est magnifique bien sûr mais voilà voilà … malgré toutes ces indications je suis incapable d’avancer un tarif ? Je me demandais si ces experts dont vous parlez , certain peut être , propose un service d’évaluation par exemple … sur une œuvre ? En vous remerciant 😉
    Belle journée à vous

    1. Amandine Gilles

      Bonjour, dans tout système marchand, le prix est basé sur le rapport de l’offre et de la demande. Si vous avez de nombreux clients qui veulent absolument votre travail, alors les prix peuvent être assez élevés, si au contraire vous êtes parfaitement inconnue et sans aucun client encore, forcément le prix devra être plutôt bas. Après, rien d’empêche de les augmenter plus tard (selon la demande) 🙂

  3. Bidaud Pierre

    Bonjour,
    Bravo pour votre site. On peut hésiter à présenter en vente publique une sculpture numérotée en bronze, quand on voit en vente chez des antiquaires des œuvres comme une femme en bronze de taille au demi, proposée à 6000€, alors que l’artiste, qui figure dans le Benezit, mort depuis, l’a creee vers 1925, c’est beaucoup moins que le coût de fabrication à partir d’un modèle en terre du moule de reproduction, d’un exemplaire en cire, du travail de reparurent, de la préparation du moule réfractaire, du travail de ciselure, et de la patine qui achève le tout. Il est vrai que les amateurs de sculptures sont encore plus rares que les amateurs de peinture, qui sont nombreux à s’offrir un tableau plaisant, qui ne coûte que cent ou deux cents euros. Ils croient parfois faire un placement, mais que dire de l’amoureux d’une culpture en bronze,, qui va la payer à son prix de fabrication, plus quelque chose pour le travail de l’artiste, plus le coût de commercialisation et de transport, et qui retrouvera seulement en salle des ventes 10 à 30% au mieux, de son prix d’acquisition? Il faut être fou pour vouloir éditer en bronze ses créations, donc, je suis fou, mais il me plait de penser que même si je ne vends rien, mes œuvres traverseront les siècles, et qu’un jour, quelqu’un les aimera.

    1. Valroff Suzanne

      c’est beau d’avoir confiance en soi… Comme vous avez raison d’être fou… On ne l’est jamais assez quelquefois… Merci pour ce texte . Suzanne

  4. Magali

    Bonjour et bonne année 🙂

    Les différents sites sur lesquels je vends ne présentent pas les mêmes conditions (commission, frais fixe etc.) Savez vous ce qu’il est préférable de faire pour déterminer ses prix lorsqu’on vend en exposition et en ligne ?
    Dois-je me fixer mon prix à partir de ma cotation puis ajuster la commission et les frais éventuels ou bien est ce que je dois garder le même prix sur tous les sites internet (et juste marger un peu plus pour tenir compte des frais de livraison au client dans le monde par rapport aux ventes directes)?
    Sur internet actuellement, j’ajuste à chaque site car les commissions vont de 5 à 40 % sur les deux sites où je vends !

    De la même manière un galeriste doit-il
    – fixer le prix de vente sur la cotation de l’artiste ou bien
    – prendre en plus sa commission, ce qui revient à augmenter énormément le prix d’achat… ?
    Une galerie qui m’a exposé ces dernières années prenait sa commission de 50% en plus de mon prix… j’avais cependant baissé mon prix de 20 % par rapport à ma cotation pour ne pas exploser le prix à payer par mes clients.

    Merci beaucoup

    1. Amandine Gilles

      Bonjour, la cotation détermine le prix de vente. Le prix donné au client donc, et non le net perçu. Par conséquent, il faut induire tous les frais (taxes, galeries, etc..) dans ce prix. C’est épouvantable nous sommes d’accord. Il peut cependant y avoir une marge de manoeuvre avec une variation du prix (+/- 20%). A savoir que les frais galeries peuvent se négocier selon leur implication (font-ils votre promotion ou se contentent-ils de simplement louer l’espace ?) Voici un article qui en parle.

    2. France

      Très intéressant merci beaucoup !

  5. harmonie garry

    Bonjour Amandine,

    Merci pour cette article qui m’éclaire un peu mais me fait me poser encore beaucoup de questions ! Pourrais-je avoir votre avis sur notre situation ?
    Mon conjoint est artiste dessinateur – encre et acrylique principalement. Il a une dizaine d’année d’expérience et pas mal d’achat au privé -amis, famille, connaissances.
    Au printemps dernier une galerie a souhaité exposé deux grandes oeuvres qui font parti d’un triptyque. Comme nous avions du mal à fixer un prix ils nous ont indiqué 3000e par oeuvres et qu’ils prendraient 50% si un acheteur se présentait. Aujourd’hui, il n’ya pas d’acheteur mais ils sont intéressés pour leur collection privée et nous demande de leur proposer un prix.
    Ma question est la suivante : devons nous garder le prix fixé à la base ? Pouvons-nous demander une contrepartie de les présenter lors d’expositions ? Comment être sur que la galerie ne veut pas acheter les oeuvres car elle a une proposition plus avantageuse pour la revendre ? Perdons nous totalement les droits des oeuvres ? Tout cela reste très flou et comme c’est le premier gros achat on a peur de faire une erreur et de voir s’envoler 2 oeuvres du triptyque ..

    1. Amandine Gilles

      Bonjour, n’est-ce pas dénaturer le triptyque que de séparer ses parties ? Assurez-vous que les différentes parties de l’oeuvre restent cohérentes malgré leur séparation. Je ne suis pas experte en marché de l’art, mais par expérience, vous ne pourrez jamais connaître la fond de pensée du galeriste ni même connaître sa réelle stratégie. Si le prix de base vous convient, vous pouvez accepter en ajoutant dans le contrat une clause qui stipulerait que l’oeuvre soit mise à disposition d’éventuelles prochaines expositions. C’est pratique courante. C’est tout-à-fait dans l’interêt de l’acquéreur si ce prêt contribue à faire monter votre cote. Ce que les artistes ignorent en général, c’est qu’avec les galeristes, tout est négociable puisque l’art est un marché totalement subjectif. On peut négocier les prix et les prestations. Si au contraire, le prix ne vous convient pas, faites-le savoir et tentez de trouver un arrangement. Quant aux droits sur votre oeuvre, l’artiste les conserve bien évidemment. L’objet appartient à l’acquéreur, mais l’artiste conserve ses droits d’auteur à vie (et plus encore), on ne peut donc pas utiliser de votre oeuvre abusivement (pas le droit de reproduction ou de détournement sans votre accord). Il s’agit de votre propriété intellectuelle.

  6. Luis

    Bonjour Armandine,
    J’écris dans l’espoir de voir ces doutes se dissiper.
    Jusqu’à présent, je n’ai pas beaucoup bougé sur le marché, car j’ai principalement proposé des installations, des vidéos, etc. J’ai participé à plusieurs expositions, publications, j’ai une certification Akoun de 1100 pour 15 P (74 de coefficient x point). Dans cette période, je suis sur le point d’essayer de vendre sur des sites en ligne, par exemple artmajeur. Donc, avec le système de points, le calcul est assez simple à réaliser et, je pense (confirmer?), Pour des raisons d’équité et de transparence, il est bon d’être cohérent avec un système de calcul: et ensuite offrir un rabais (15%? plus?) quand je n’avais pas de frais de courtage. Est-ce que je ferais bien? Le principal doute est qu’une source sérieuse m’a conseillé de calculer largeur + hauteur x le coefficient. Je n’aime pas ça. 15P (50×70) 1100 € correspond à 0,95 de coefficient, donc une proportion de 5P serait chère (à mon avis) 475, et un 100×70 serait beaucoup moins cher que le calcul avec le système de points. De plus, par choix expressif, je travaille presque toujours sur le papier (peintures, pas de dessins), même 70 x 100, je voudrais avoir de bons conseils pour être sûr du bon choix. Enfin, devrais-je publier le certificat de cotation, ou uniquement sur demande? Merci beaucoup.

    1. Amandine Gilles

      Bonjour, j’ai l’impression que vous vous compliquez la situation 🙂 La tarification par point est une estimation et non une science, sachant en plus que vous ne pouvez pas baisser vos prix par rapports à vos ventes précédentes, il est difficile d’être totalement transparent quand on donne un prix à une oeuvre. La valeur d’une oeuvre dépend surtout de combien l’acquéreur est prêt à payer, c’est l’histoire de l’offre et de la demande. C’est pour ça que parfois les prix décollent en Maisons de ventes. Si votre cotation est de 1100€ pour un 15P, c’est une référence qui vous aide à adapter la proportion selon les formats et les techniques, mais se baser sur un calcul mathématique et purement rationnel n’est pas forcément adapté au marché de l’art. Quand à la publication de votre certificat, je pense qu’une mention du style “Cotation Akoun” sera plus intéressante que le montant même de la cotation (qui peut vite évoluer !) Merci à vous et bonne continuation

  7. Flavie

    Bonjour,
    j’ai 17 ans et je suis en première ES, mon sujet de TPE (oral du bac) est sur le marché de l’art et plus précisément pour ma part “l’encadrement législatif du marché de l’art”. C’est un milieu dans lequel je suis plongée aveuglement puisque je ne savais rien sur cet forme de marché. Je parle des droits de suite, de propriété, de la rémunération des oeuvres (cet article m’a beaucoup aidé ) mais aussi des droits patrimoniaux. Cepandant, je ne comprends toujours pas la différence entre les droits d’auteur et les droits de propriété, pourriez-vous m’éclairer ? Aussi,le marché de l’art regroupe t-il différentes types d’entreprises tels que le Monopole,concurrence ou oligopole ?

    1. Amandine Gilles

      Bonjour Flavie, quel beau sujet de TPE ! Tu devrais plutôt poser tes questions à un avocat spécialisé en droit d’auteur, à un commissaire-priseur ou un juriste spécialisé dans le marché de l’art. Il seront plus à même de te répondre que moi. Merci et bonne continuation !

  8. Sofia

    Bonjour,

    Je suis une artiste débutante et je travaille au promarker et micron, j’étudie l’harmonie des couleurs mais j’apprends toujours, je ne suis pas experte en la matière. Votre article m’a un peu éclairée je ne saurais toujours pas fixer un prix sur un de mes travaux. Pourriez-vous m’aider ?

    1. Amandine Gilles

      Bonjour, le prix de vos travaux se baseront sur combien les acheteurs potentiels seraient prêts à débourser. Le commerce est construit sur le rapport de l’offre et de la demande…

  9. Camille

    Bonjour. Ma question peut sembler bête mais cela me pose question depuis un moment : Lorsqu’il s’agit d’evaluer Le prix d’un dessin ou aquarelle vendue encadrée et avec passe-partout, faut il prendre un compte la taille globale ou la taille de l’ouverture du passe-partout ?

    1. Amandine Gilles

      Bonjour, c’est l’oeuvre qui est a évalué car c’est elle qui a toute l’importance, le cadre est un “supplément”. Les mesures données en priorités sont donc celles de l’oeuvre, puis vous pouvez ajouter celles du cadre en complément. Merci à vous

    2. Camille

      Merci pour votre réponse.