Voici quelques conseils et recommandations, trucs et astuces, pour sauvegarder et conserver ses œuvres dans les meilleures conditions :

  • Protéger l’oeuvre des variations hygrométriques (taux d’humidité)  et des variations de températures. Les conditions doivent être stables. Par exemple, éviter à l’oeuvre les rayons du soleil directs, ou la proximité avec une fenêtre ou porte mal isolée. L’oeuvre sera mieux conservée si elle se trouve dans des conditions climatiques proches de celles présentes lors de sa réalisation.
  • Eviter les contacts et frottements en l’isolant autant que possible. Si des chocs sont causés, des craquelures ne peuvent apparaître que bien plus tard, comme le montre cette photo ci-dessous. A savoir aussi que les ondes sonores font parties des causes de dégradations à cause des vibrations, surtout sur le long terme. Les bruits des voitures, des avions, la musique forte, etc.
  • Appliquez un vernis quelque soit la technique utilisée, y compris pour l’acrylique. Il empêchera la poussière, les salissures et les rayures d’abîmer la couche picturale ; il favorisera la conservation des pigments, et donc des couleurs. C’est une protection efficace et remplaçable qui plus est.
Réseau de craquelures causé par un choc.
Réseau de craquelures causé par un choc.

Selon les conservateurs de musées, la situation ambiante idéale se situe entre 18 et 20°C avec un taux d’humidité de 50 à 60%.

Si malheureusement votre pièce est sujette aux variations hygrométriques, il existe des humidificateurs/déshumidificateurs qui sont très efficaces. Sinon, plus simple et moins cher (peut-être moins efficace aussi…) : une plante verte ! Elle régulera le taux et servira d’indicateur également  🙂

 

Aquarelles et dessins

 

porte-carton et carton à dessin
porte-carton et carton à dessin

Toutes les œuvres sur papier doivent être conservées avec beaucoup de précaution. Le papier étant un support fragile, il est souvent utilisé avec une technique qui l’est encore plus, comme le pastel ou le fusain par exemple. Donc peu importe la technique, les œuvres sur papier doivent être conservées soit dans des cartons à dessin si vous les stockez, soit mises sous verre si vous les exposez.

Dans les cartons à dessin, vos travaux sont ainsi à l’abris de la lumière, entreposés à plat et protégés des attaques extérieures (goutte d’eau, chocs, salissures etc…). Ne remplissez pas trop les cartons car ils se déforment assez facilement, mieux vaut en avoir plusieurs.

Et pour protéger et entreposer ces cartons sans risque et avoir une meilleure visibilité de leur contenu, il est utile d’avoir ce qu’on appelle un porte-carton.

Si vous fabriquez vous-même vos cartons à dessin, attention de ne pas prendre de carton gris, ils sont acides et abîmeraient les dessins. Mieux vaut privilégier les cartons-bois ou contre-collés.

Qu’est ce que l’acidité du papier??  Les papiers acides se fragilisent et finissent naturellement par causer des tâches. C’est pourquoi il est vivement conseillé d’utiliser des papiers non-acides pour les travaux artistiques. Ceux-là sont fabriqués dans un environnement basique, notamment par la qualité de l’eau et par l’ajout de carbonate de calcium protégeant de l’acidité extérieure. L’acidité d’un papier se mesure par le niveau de pH. 

acidité du papier

Conseils et précautions :

  • Utiliser du papier sans acide (ce qui est le cas des papiers pour les Beaux-arts, et non pour les magazines et journaux)
  • Utiliser le fixatif sur les dessins au crayon, mine de plomb, fusain et pastels secs. Même fixés ils restent encore très fragiles, les manipuler avec grande précaution.
  • Dans le carton, placez une feuille de papier cristal entre chaque dessin, c’est un papier fin et glacé qui permettra d’éviter les frottements entre eux.
  • Et bien sur, protégez-les de toute humidité !

 

Peintures sur toile

 

Les toiles doivent être stockées à plat et non roulées (voir l’article). La tension causée endommage la couche picturale en créant des réseaux de craquelures. C’est pourquoi aucun musée ou galerie ne procède de la sorte.

Conseils et précautions :

Si le tableau est accroché ou exposé :

  • Eviter les rayons directs du soleil, ils détérioreraient les liants et les pigments utilisés.
  • Prévoir une lumière homogène pour empêcher que certaines zones de l’oeuvre soient plus exposées au risque que d’autres.
  • Si une peinture à l’huile a jauni avec le temps, le vernis doit être remplacé. Pour cela, vous devez faire appel à un restaurateur professionnel, car retirer le vernis sans endommager la couche picturale nécessite un savoir-faire spécifique.
  • La toile doit être tendue sur un châssis ou marouflée sur un support rigide afin d’éviter les variations de tensions, et donc les craquelures (en savoir plus).

Si les toiles sont stockées : 

  • Attention qu’il n’y ait pas de frottements sur les côtés peints ni aucune pression sur l’oeuvre, notamment lorsque les toiles sont entreposées les unes contre les autres.
  • Si les toiles peintes ne sont pas tendues, alors stockez-les à plat dans des cartons à dessin éventuellement, en utilisant du papier cristal entre chaque peinture pour éviter qu’elles ne se “collent” les unes aux autres.

Les peintures à l’huile étant très longue à durcir complètement, mieux vaut être patient avant de les entreposer à plat les unes sur les autres. Il est conseillé d’attendre au moins 2 ans en moyenne selon l’épaisseur de la pâte ! (Pour savoir pourquoi le temps de séchage est si long…)

De temps en temps, il est conseillé d’effeuiller la pile de toiles peintes avant qu’elles ne commencent à coller à leur voisine.

Le travail de l’artiste ne se limite donc pas à la création, la conservation de l’oeuvre passe par une attention portée à l’environnement et aux conditions de stockage avec un suivi attentif. Et comme le dit le proverbe “Mieux vaut prévenir que guérir !”